Une cabane
2011 – Intervention

Celui qui construit une cabane est toujours « hors normes », toujours inscrit dans une différence qui l’oblige à se singulariser. C’est ce que font les enfants quand ils ne désirent pas encore s’identifier aux modèles collectifs dominants, ou les adultes qui ont besoin de « se retrouver », comme on retrouverait les racines enfouies de son passé. C’est aussi ce que les « exclus » de la communauté -volontaires ou non- désirent finalement. Sans doute la société est-elle dans un état de guerre permanent -riches contre pauvres, Etat contre Etat- et les règles qu’elle se prescrit à elle-même ne sont que des dispositifs d’évitement. Pourtant on trouve, à l’intérieur de ces dispositifs, des formations ou groupes humains qui cherchent à produire des ensembles harmonieux dont chacun serait responsable, nul n’ayant de privilège sur les autres. Ces petites communautés utopiques naissent et meurent périodiquement, s’auto-détruisent et se font broyer par les Etats qui n’en tolèrent que des formes embryonnaires.


Gilles Alain Tiberghien, Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses
 (p.141), Editions du Félin, 2005

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